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Réalisation d'un Gunpla à l'aérographe - I. Préparation et montage à blanc


Rédigé par Zenkuro le Samedi 1 Décembre 2018 à 16:45 | Lu 565 fois | 0 commentaire(s)



Il y a 11 ans déjà, je vous présentais mon premier tutoriel intégral sur la réalisation d'un Gunpla de A à Z. Depuis, ma technique à beaucoup évolué, les Gunplas aussi d'ailleurs. Il était donc grand temps de revenir sur les bases pour les actualiser. Je commence donc ici une nouvelle série de tutos consacrée à la réalisation d'un Gunpla de A à Z, en passant par les cases préparation, peinture à l'aérographe et vieillissement.

Je précise tout ce suite que ces articles seront consacrés avant tout aux débutants désireux de franchir le cap de la peinture intégrale à l'aérographe. Si vous avez déjà un peu de bouteille, vous connaissez sans doute déjà les techniques qui seront présentées. Enfin, je précise qu'il s'agit de mes méthodes, et qu'il en existe bien d'autres pour arriver aux mêmes résultats, le monde de la maquette étant très riche.

Pour illustrer ces tutos, j'ai choisi le MG Gundam Freedom ver.2.0 de Bandai, un Gunpla récent (2016), de très belle facture et assez représentatif de ce que Bandai produit de meilleur actuellement. Comme je le disais, le Gunpla a beaucoup évolué en 10 ans, j'en parlais d'ailleurs dans mon article Le gunpla est-il toujours de la maquette, et s'il y a un élément certain, c'est que la conception va toujours dans le sens de la facilité de montage et donc de la peinture. Si bien que sur les kits récents, il y a peu de travail de préparation. Il y a tout de même quelques bases à connaître pour s'assurer d'un rendu parfaitement propre avant peinture. C'est ce que nous allons voir dans ce premier article.

I. Avant de commencer

Tout d'abord, je précise que je réalise systématiquement un prémontage de mes kits avant de les démonter pour passer à la peinture, ce qu'on appelle un "montage à blanc". Cela permet de bien connaître sa maquette, de voir comment elle bouge, quels sont les éléments auxquels il faudra prêter attention par la suite, et enfin de mieux réfléchir au schéma de couleur si vous souhaitez faire une peinture personnalisée. D'autres vous diront qu'ils ne passent pas par cette étape et peignent directement avant assemblage. Il faut dire que la conception des gunplas est généralement de très bonne facture et on a rarement de mauvaises surprises de ce côté là. A chacun sa technique, donc.

Autre point, avant de commencer, vérifiez toujours le contenu de la boite et notamment si toutes les grappes sont bien présentes. C'est assez rare qu'il manque quelque chose mais ça peut arriver. Auquel cas contactez votre revendeur. La notice de montage présente toujours l'ensemble des grappes du kit.

L'assemblage en lui même est simple, il suffit de suivre le plan de montage. Depuis la fin 2016 les notices sont traduites en anglais, ce n'était pas encore le cas pour ce Freedom. Si vous n'êtes pas familier avec les notices de Gunpla, je vous renvoie à mon article Introduction au Gunpla . Mais en principe tout est limpide, pas besoin de connaître le japonais. Une lettre pour la grappe, un chiffre pour la pièce, et on dégrappe !

Un exemple ici avec l'étape 1-1. Notez qu'à chaque étape la notice présente les grappes qui vous seront nécessaires, pratique pour s'organiser. Évidemment pour dégrapper proprement, il vous faudra utiliser une pince coupante pour plastique. Vous voyez ci-dessous les différentes pièces nécessaires pour monter le buste et le résultat assemblé, conformément à l'étape 1-1. Mais voyons cela de plus près.

II. le dégrappage

Le choix de votre pince coupante est très important pour vous assurer un travail propre et confortable. Peu importe qu'elle soit premier prix ou de grande qualité, dans tous les cas il faut que les lames soient plates, et surtout pas biseautées. Je vous renvoie à mon article sur les outils de découpe pour en savoir plus.

Ensuite, la bonne technique consiste à découper au niveau du gate (la zone la plus fine qui relie la grappe à la pièce) pour éviter une usure prématurée de la pince, et à dégrapper en faisant en sorte de laisser toujours un peu de plastique sur la pièce. C'est seulement une fois la pièce entièrement dégrappée que l'on vient couper à raz les ergots restants. L'objectif de cette manipulation est d'éviter de stresser le plastique, ce qui peut causer des marques voire des creux dans la pièce. Le résultat est une coupe propre, mais il restera tout de même un tout petit peu de plastique en trop. Une coupe, même avec la meilleure des pinces, n'est jamais parfaite, et le moindre défaut ressort avec la peinture. Il va alors s'agir de poncer ce reste d'ergot pour obtenir une surface parfaitement lisse.

Petit conseil, déposez au fur et à mesure les ergots coupés dans un petit pot, ça vous évitera d'en avoir partout sur le plan de travail, car ça devient vite embêtant !

Je vais vous présenter deux options pour poncer les ergots : avec du papier abrasif ou avec des limes extra fines. Il existe d'autres outils, je vous renvois vers l'article sur les outils de ponçage pour en savoir plus. Mais nous avons ici les outils de base.

III. Le ponçage au papier abrasif

Pour l'élimination des ergots, j'utilise du papier abrasif de maquettisme, en grain #400 (ou #600) et #1000. Une astuce consiste à se servir d'une plaque de plastique comme cale de ponçage, en fixant sur chaque face un morceau de papier abrasif de grain différent, cela à l'aide de scotch double face. Il est recommandé de poncer en humidifiant le papier abrasif, cela permet un ponçage plus fin, augmente la durée de vie du papier et évite à la poussière de voler.

Ci-dessous vous pouvez voir le résultat. Le grain #400, plus gros, permet de retirer les excédents de plastique, le grain #1000, plus fin, va permettre de lisser la pièce.

IV. Le ponçage à la lime extra fine

Autre possibilité, utiliser des limes extra-fines (dead smooth en anglais), au résultat équivalent à du papier abrasif grain #1000. Beaucoup plus économique à l'usage, c'est la méthode que j'utilise principalement. Même principe, on va venir poncer les ergots pour obtenir une surface lisse.

Dans certains cas, il peut arriver que l'on morde un peu trop fort avec la lime et que des rayures plus profondes se forment. Dans ce cas il suffit de lisser la surface au papier abrasif #1000, toujours humidifié. Ne vous inquiétez pas des micro rayures ou éventuelles marques blanches, elles disparaîtront sous la sous-couche. L'essentiel c'est qu'au toucher la surface soit lisse (grattez avec l'ongle pour vous en rendre compte).

Attention lorsque vous limez une pièces arrondie, appliquez un mouvement qui suit la courbe afin d'éviter d’aplanir la pièce.

V. L'ébavurage

Les pièces peuvent parfois présenter des flashs, c'est à dire des des excédents de plastique qui se forment lorsque le plastique injecté pénètre entre les deux parties du moule. C'est assez rare sur les Gunplas mais ça peut arriver comme ici. Auquel cas il suffit de découper l'excédent au cutter.

Par ailleurs, lorsqu'une pièce est moulée en un bloc, il peut arriver qu'elle soit traversée par une ligne de moulage disgracieuse, qui correspond à l'endroit où les deux parties du moule se rejoignent. Ces lignes doivent bien sûr être poncées pour un rendu parfait. Sur les zones arrondies, comme ici un piston, une astuce consiste à les gratter avec le dos d'une lame de cutter.

VI. La coupe des plots pour faciliter le démontage du Gunpla

En général les Gunplas actuels s'assemblent au au micron prêt si bien qu'il est généralement possible de les démonter sans trop de difficulté (nous verrons ça dans le prochain article). Toutefois, si vous sentez que l'assemblage nécessite de forcer un petit peu et qu'il sera difficile de démonter la pièce, voici une astuce qui vous facilitera la vie. Il suffit de couper en biseau les plots d’emboîtement, afin d'en limiter le frottement. La pièce sera alors facilement démontable. Si vous avez trop coupé et que la pièce tient mal, pas de panique, il suffira de la coller lors de l'assemblage final.

VII. Faire disparaître les lignes de jointure

On repère assez facilement un Gunpla réalisé par un débutant par la présence de lignes de jointures, c'est à dire l'endroit où deux pièces assemblées se rejoignent. Si la jointure ne suit pas une ligne de structure naturelle de la maquette, il faudra la faire disparaître pour redonner l'illusion qu'il s'agit d'une seule et même pièce. En général les MG récents présentent très peu de lignes de jointures disgracieuses, mais il y en a toujours une ou deux, même sur le meilleur kit.

La méthode la plus simple et la plus efficace est d'utiliser la colle à maquette pour pratiquer une soudure à froid. En effet la particularité de la colle à maquette est de faire fondre le plastique. Personnellement j'utilise de la colle pour maquette extra liquide Mr Cement S de Mr Hobby ou la Tamiya Extra Thin Cement.

Je prendrai pour exemple le cou du Freedom, composé de 2 pièces. Pour appliquer correctement la colle extra liquide, il faut d'abord préassembler les pièces pour ne laisser qu'un très mince espace entre elles. On dépose alors la colle avec le pinceau applicateur fourni. Celle-ci va se répandre dans l'interstice, par capillarité. Serrez fermement les deux parties entre elles, vous constaterez que sous l'effet de la colle le plastique s'est ramolli et forme un boudin en surface. Une fois la colle sèche et le plastique redevenu parfaitement dur (comptez quelques heures pour que ce soit sec à cœur), il suffira de poncer ce boudin de plastique pour avoir une surface parfaite, sans ligne de jointure visible.

Autre exemple ici avec l'un des canons du Freedom. Si la pièce est de grande taille, n'hésitez pas à faire deux ou trois passages pour appliquer suffisamment de colle, car la colle extra liquide s'évapore très vite.

Conclusion

Vous n'avez plus qu'à suivre ces conseils tout le long de l'assemblage de votre modèle qui prendra progressivement forme.

Le MG Freedom Gundam est à présent entièrement assemblé. Ce montage à blanc m'a permis d'identifier les quelques lignes de jointures qui nécessitaient d'être collées, au niveau du canon notamment. Mis à part ça le kit est de très bonne facture et propose de belles poses dynamiques.

Pour la suite, je garderai le schéma de couleur d'origine et travaillerai un weathering (vieillissement) à la façon des avions de chasse.

Prochaine étape : démontage, nettoyage des pièces et sous-couche. A suivre !



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